À propos de moi

J’ai toujours écrit.

Des petites histoires, des notes gribouillées sur des cahiers d’écolier, des poèmes … J’ai dû commencer une dizaine de romans sans jamais aller plus loin que la quinzième page. J’ai rédigé des articles de presse, des textes à dire ou à lire dans des circonstances heureuses ou tristes. L’écriture et la lecture font partie de moi.

Ma vie professionnelle ? 35 ans passés au service de l’éducation nationale. Comme instituteur, d’abord, puis comme professeur des écoles, avant de me spécialiser auprès des enfants en difficulté. Vous savez, ces enfants que le système laisse de côté parce qu’ils ne sont pas dans la norme … Dix ans de SEGPA, comme professeur, puis comme directeur.

Et puis cette administration dévoreuse d’enthousiasme a eu raison de ma patience et de ma passion. Je l’ai quittée. Sans regret.

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L’écriture est une passion

Lorsque je me suis lancé dans l’écriture de mon roman « En Finir avec les Fantômes », je ne savais ni où j’allais vraiment, ni même si j’irais au bout de mon projet.
Et puis, petit à petit, l’histoire s’est imposée à moi, mes personnages ont pris corps, l’intrigue s’est construite. Souvent, j’ignorais ce que mes personnages allaient faire, comment ils allaient se sortir de telle ou telle situation. Ce sont eux qui me poussaient dans une direction ou une autre que je ne maitrisais pas, eux qui composaient avec les autres protagonistes.
C’est une technique d’écriture très particulière, presque « automatique ». Contrairement à d’autres auteurs, je ne fais pas de plan, pas de fiches de personnages. Et la fin n’a rien à voir avec ce que j’avais imaginé.
Cette façon d’écrire me permet de laisser libre cours à mon imagination en me libérant de contraintes narratives trop strictes.

J’espère que vous aurez l’occasion de vous plonger dans la lecture de ce premier roman et que, comme moi, vous vous laisserez emporter dans le tourbillon qui entraîne mes personnages vers leur destin. Vous pouvez le découvrir ici.

Nous étions cinq marmots, entassés dans un petit nid pas vraiment douillet perché au premier étage d’une vieille maison de village. C’était pas la misère, pas l’opulence non plus. Nos parents faisaient ce qu’ils pouvaient pour nous apporter le maximum.

Vous avez connu ça, la table en formica, le poêle à charbon. Un seau sur le palier en guise de toilettes et l’évier de la cuisine qui sert de salle de bain. Deux garçons dans une chambre, les deux filles qui partagent la leur avec les parents, et moi dans la salle à manger.

De l’amour, sans doute. Nous partagions l’espace, pas les mots.

Les souvenirs de cette période ont quitté ma mémoire. Juste des flashes. Le vieux bonhomme du rez-de-chaussée qui nous donnait des bonbons, la voisine de palier qui mourut dans des conditions atroces, les jeux dans la cour du rocher au sol pavé ou dans le parc voisin des bonnes sœurs, les cloches de l’église qui rythmaient notre vie, Zorro qu’on allait regarder chez le curé dont le presbytère nous était familier, nos vieux vélos rafistolés, l’Ariane de notre père. Et le feu de cheminée qui faillit détruire notre chez nous. « Y’a le feu chez Adèle » avait plaisanté mon père en entendant au loin la sirène des pompiers alors que nous revenions de je ne sais où, lui et moi.

De l’amour, sans doute, et peut-être des rêves. Nous partagions l’espace, pas les mots.

En avions-nous, des rêves ? Savions-nous même que cela existait ?

Ah oui. Mes parents en avaient un : mon père a construit de ses mains le pavillon qui nous transporta dans la normalité. Trois chambres, puis bientôt quatre, une vraie salle de bain avec une baignoire, des WC avec une chasse d’eau, la télé qui trônait dans la salle à manger presque aussi grande que notre ancienne maison, le chauffage central qui nous fit oublier les bouillotes glissées entre les draps, un petit bout de jardin où jouer avec nos nouveaux copains.

Je fus un très mauvais élève. De l’école primaire des garçons où j’accumulai les mauvaises notes et les punitions parfois humiliantes (à genoux sur l’estrade, ça vous forme un caractère !) au collège privé des Ursulines à Saint-Denis où j’expérimentai les sixième et cinquième d’adaptation avant de m’en faire exclure en quatrième pour cause de rébellion contre un surveillant qui avait la fâcheuse tendance de glisser ses mains sur les fesses des élèves, je n’ai connu que l’échec et la difficulté. Jusqu’au lycée technique privé où je découvris mes premiers émois, mes premières cigarettes, mes premières bonnes notes. Et mes premiers rêves. Je me voyais déjà journaliste, ou avocat. Je ne serais que comptable.

Mais c’est une autre histoire.

J’ai vécu mon enfance dans un petit village de ce qu’on n’appelait pas encore la banlieue.

Nous apercevions la Tour Eiffel depuis notre balcon ! C’était l’époque de la construction des premières cités qui deviendraient plus tard les « quartiers ». Sarcelles, La Courneuve, Pierrefitte poussaient comme des champignons vénéneux augurant déjà de la transformation de la région parisienne en enfer urbain.

Notre village, Groslay, échappa miraculeusement au bétonnage insensé. Il y avait des champs de poiriers (la spécialité locale), de pivoines, des tracteurs dans les rues où l’on pouvait jouer sans risquer l’accident, des arbres fruitiers, des petits commerçants. Une île de calme au milieu de la frénésie des années soixante et soixante-dix où l’on entassait pour leur bien des familles entières dans d’immenses cages à lapins déshumanisées, où poussaient tels des furoncles d’immenses centres commerciaux sensés apporter à une population opulente le bonheur de la consommation sans frein.

Mon village a longtemps gardé le charme de la campagne aux portes de Paris. Encore aujourd’hui il semblerait qu’il y fait bon vivre malgré la proximité de la banlieue tentaculaire.

Je me suis exilé aux alentours de mes vingt ans pour vivre le reste de mes jours en Isère. J’y ai construit ma vie, ma famille. Et pour rien au monde, je ne remonterai vers le village de mon enfance, où sont endormis, dans la quiétude de l’oubli, les souvenirs et les images du début de ma vie.